Combien vaut un fast-food ?
Comme tout fonds de commerce, il se lit sur deux bases à la fois. En pourcentage du chiffre d’affaires : les barèmes publiés donnent de 59 à 66 % du CA HT en médiane — 64,77 % en moyenne côté vendeur dans le barème le plus détaillé, 66,42 % en médiane sur les cessions constatées 2015–2025.
En multiple de l’EBE retraité : de 6,7 à 10,5 années selon les sources. Les plages restent larges parce que deux fast-foods au même chiffre d’affaires n’ont ni le même loyer, ni la même équipe, ni le même emplacement. Un chiffre unique serait un raccourci, pas une estimation.
Pourquoi un fast-food vaut-il moins qu’un restaurant traditionnel ?
Parce que sa marge est plus serrée. Les ratios d’exploitation médians du rapide : une marge brute autour de 65 % du CA HT contre 70 % côté restaurant traditionnel, une masse salariale à 27 % du chiffre, un excédent brut d’exploitation médian à 9,20 %.
Les barèmes le confirment : le restaurant générique se cède en moyenne à 77,4 % du CA HT et 12,46 fois l’EBE, contre 64,77 % et 10,5 pour le rapide. Même clientèle de passage, mêmes charges de Personnel — la cuisine simplifiée ne compense pas un ticket moyen plus faible.
Un bail « restauration » autorise-t-il forcément la vente rapide ?
En principe, oui. La destination « restauration », écrite sans précision dans le bail, couvre la restauration rapide : la cour d’appel de Versailles l’a jugé dès 2009. Le repreneur n’a pas besoin d’une nouvelle destination si le bail vise la restauration en général.
Ce qu’il faut vérifier à la place : que le bail autorise explicitement la vente à emporter et la livraison — des clauses anciennes peuvent les passer sous silence — et qu’aucune clause d’exclusivité ne limite l’enseigne ou le type de cuisine. C’est le point que notre parcours vient contrôler.
Que vérifier avant de racheter un local avec une hotte d’extraction ?
L’extraction, d’abord : elle est à la charge du bailleur, obligation de délivrance oblige — la Cour de cassation l’a rappelé en 2010 pour un local destiné à la restauration. Un propriétaire qui refuse une extraction conforme manque à son obligation.
La copropriété, ensuite, et c’est le piège le plus coûteux : une extraction posée sans autorisation de l’assemblée des copropriétaires est un trouble manifestement illicite, et le repreneur risque la dépose de la hotte — la cour d’appel de Paris l’a jugé en novembre 2023. Demandez le règlement de copropriété et le procès-verbal d’AG qui autorise l’installation. Les nuisances olfactives d’une extension en petite restauration ont aussi été sanctionnées par le tribunal de Montpellier en 2011.
Le matériel et les stocks entrent-ils dans le prix ?
Le matériel entre dans le fonds vendu ; les stocks, non : ils se valorisent séparément, sur un inventaire contradictoire dressé à la remise des clés, et se paient en plus du prix. Prévoyez la ligne au budget.
Et la valeur du fonds elle-même repose pour l’essentiel sur de l’incorporel — l’emplacement, l’enseigne, la clientèle — estimé entre 60 et 80 % du prix selon les praticiens. Le matériel neuf ou récent pèse, l’agencement repris tel quel aussi, mais ce ne sont pas eux qui font la valeur.