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Le guide

Combien vaut un fast-food ?

Sandwicherie, snack, kebab, salon de thé, food truck : le rapide se cède comme un restaurant, mais se lit avec ses propres barèmes — et il vaut moins que la salle traditionnelle. Voici les fourchettes publiées, les ratios qui les expliquent, et le piège du bail qui peut coûter la hotte au repreneur.

Estimer mon affaire

Notre estimateur en ligne lit aujourd’hui le barème du restaurant traditionnel ; celui du rapide, avec ses coefficients propres, est en cours d’ajout. En attendant, les fourchettes de cette page font foi.

La règle

Un pourcentage du CA recoupé par un multiple d’EBE

Il n’existe aucun barème officiel de la cession d’un fast-food — la presse professionnelle du secteur le constate elle-même. Ce qui existe, ce sont des barèmes professionnels publiés par les réseaux d’experts et des statistiques de cessions constatées. Tous lisent le fonds de deux manières : un pourcentage du chiffre d’affaires hors taxes, et un multiple de l’excédent brut d’exploitation retraité.

Les deux lectures ne remplacent pas l’une l’autre : le pourcentage dit ce que la clientèle pèse, le multiple dit ce que l’affaire rapporte à un repreneur qui se verse le même salaire que vous. C’est le croisement des deux qui cadre la fourchette.

Les chiffres

Ce que les barèmes publiés donnent pour le rapide

Le barème le plus détaillé sur le segment, celui du réseau Favre-Réguillon — un PDF mis en ligne en mars 2023 par IFC Expertise, sans date propre : nous le disons tel quel — donne, côté vendeur, une moyenne de 64,77 % du CA HT, la moitié des mutations se tenant entre 30,77 et 87,33 %, et un multiple d’EBE moyen de 10,5 années (de 3,69 à 11,71), sur 1 898 observations. Côté acheteur, la moyenne descend à 59,18 % du CA HT et 8,57 fois l’EBE, sur 4 431 observations.

Les autres sources recoupent, avec des plages plus larges : 30 à 80 % du CA HT (moyenne 60 %) chez Francis Lefebvre (« Évaluation », 10e édition), 37,03 à 99,08 % du CA et un multiple d’EBE de 3,86 à 14,20 chez Jedataviz, 45 à 90 % du CA TTC selon la taille de ville chez valeursimmo (Callon, 2023). Sur les cessions constatées — données BODACC et InfoGreffe 2015–2025 relues par lesannoncesducommerce.fr — la médiane s’établit à 66,42 % du CA HT pour un multiple d’EBE de 6,66. En pratique, la fourchette utile se resserre autour de 59 à 66 % du CA HT, et de 6,7 à 10,5 fois l’EBE retraité.

La comparaison

Moins qu’un restaurant, et les ratios disent pourquoi

Le rapide se négocie en dessous du restaurant traditionnel, et ce n’est pas un jugement de valeur : c’est la marge. Les ratios d’exploitation médians du rapide : une marge brute autour de 65 % du CA HT, une masse salariale à 27 % du chiffre, un EBE médian à 9,20 %. Le restaurant traditionnel affiche une marge brute autour de 70 %, et sa médiane de cession s’établit à 77,22 % du CA sur 9 066 cessions observées entre 2012 et 2023 (valorisation-commerce.com).

Le barème le suit exactement : le restaurant générique se cède en moyenne à 77,4 % du CA HT et 12,46 fois l’EBE, contre 64,77 % et 10,5 pour le rapide. À noter pour ne pas se tromper de case : la pizzeria avec salle relève du restaurant générique, pas du rapide — la distinction tient au mode de service plus qu’au menu.

Les variables

Ce qui fait monter ou descendre le prix

L’emplacement d’abord : tous les praticiens le donnent comme le facteur de valeur majeur du rapide — un flux piéton ou une entrée de zone, ça se paie et ça se transmet. Le mode d’exploitation ensuite : indépendant, franchise ou multi-sites changent la nature du fonds — un contrat de franchise liant, une enseigne qui vaut, des redevances qui pèsent. La dépendance aux plateformes de livraison est l’autre variable explicite : elle gonfle le chiffre d’affaires avec une commission qui mange la marge.

Deux lignes hors prix à connaître avant de négocier : les stocks se valorisent séparément, sur un inventaire contradictoire dressé à la remise des clés, et se paient en plus ; et le fonds lui-même repose pour 60 à 80 % sur de l’incorporel — l’emplacement, l’enseigne, la clientèle — plutôt que sur le matériel. Le détail de ce qui entre dans un prix de cession est dans notre guide du coût complet d’une cession.

Le bail

La hotte, la destination et la copropriété : où la vente se bloque

Bonne nouvelle d’abord : une destination « restauration », écrite sans précision dans le bail, couvre la restauration rapide — la cour d’appel de Versailles l’a jugé dès 2009. Le repreneur n’a pas à négocier une nouvelle destination si le bail vise la restauration en général.

L’extraction ensuite : elle est à la charge du bailleur, obligation de délivrance oblige (article 1719 du Code civil ; Cass. 3e civ., 13 juillet 2010, n° 09-15.409, pour un local destiné à la restauration). Un bailleur qui refuse une extraction conforme manque à son obligation.

Le piège le plus coûteux est en copropriété : une extraction posée sans autorisation de l’assemblée générale des copropriétaires est un trouble manifestement illicite, et le repreneur risque la dépose de la hotte (CA Paris, 30 novembre 2023, n° 23/07329). Avant de s’engager : règlement de copropriété et procès-verbal de l’AG qui autorise l’installation. Les nuisances olfactives d’une extension en petite restauration ont par ailleurs été sanctionnées par le TGI de Montpellier (31 mars 2011). Dernière ligne du bail à relire : que la vente à emporter et la livraison y soient visées — des clauses anciennes peuvent les taire.

Questions fréquentes

Ce que les vendeurs demandent ensuite

Combien vaut un fast-food ?

Comme tout fonds de commerce, il se lit sur deux bases à la fois. En pourcentage du chiffre d’affaires : les barèmes publiés donnent de 59 à 66 % du CA HT en médiane — 64,77 % en moyenne côté vendeur dans le barème le plus détaillé, 66,42 % en médiane sur les cessions constatées 2015–2025.

En multiple de l’EBE retraité : de 6,7 à 10,5 années selon les sources. Les plages restent larges parce que deux fast-foods au même chiffre d’affaires n’ont ni le même loyer, ni la même équipe, ni le même emplacement. Un chiffre unique serait un raccourci, pas une estimation.

Pourquoi un fast-food vaut-il moins qu’un restaurant traditionnel ?

Parce que sa marge est plus serrée. Les ratios d’exploitation médians du rapide : une marge brute autour de 65 % du CA HT contre 70 % côté restaurant traditionnel, une masse salariale à 27 % du chiffre, un excédent brut d’exploitation médian à 9,20 %.

Les barèmes le confirment : le restaurant générique se cède en moyenne à 77,4 % du CA HT et 12,46 fois l’EBE, contre 64,77 % et 10,5 pour le rapide. Même clientèle de passage, mêmes charges de Personnel — la cuisine simplifiée ne compense pas un ticket moyen plus faible.

Un bail « restauration » autorise-t-il forcément la vente rapide ?

En principe, oui. La destination « restauration », écrite sans précision dans le bail, couvre la restauration rapide : la cour d’appel de Versailles l’a jugé dès 2009. Le repreneur n’a pas besoin d’une nouvelle destination si le bail vise la restauration en général.

Ce qu’il faut vérifier à la place : que le bail autorise explicitement la vente à emporter et la livraison — des clauses anciennes peuvent les passer sous silence — et qu’aucune clause d’exclusivité ne limite l’enseigne ou le type de cuisine. C’est le point que notre parcours vient contrôler.

Que vérifier avant de racheter un local avec une hotte d’extraction ?

L’extraction, d’abord : elle est à la charge du bailleur, obligation de délivrance oblige — la Cour de cassation l’a rappelé en 2010 pour un local destiné à la restauration. Un propriétaire qui refuse une extraction conforme manque à son obligation.

La copropriété, ensuite, et c’est le piège le plus coûteux : une extraction posée sans autorisation de l’assemblée des copropriétaires est un trouble manifestement illicite, et le repreneur risque la dépose de la hotte — la cour d’appel de Paris l’a jugé en novembre 2023. Demandez le règlement de copropriété et le procès-verbal d’AG qui autorise l’installation. Les nuisances olfactives d’une extension en petite restauration ont aussi été sanctionnées par le tribunal de Montpellier en 2011.

Le matériel et les stocks entrent-ils dans le prix ?

Le matériel entre dans le fonds vendu ; les stocks, non : ils se valorisent séparément, sur un inventaire contradictoire dressé à la remise des clés, et se paient en plus du prix. Prévoyez la ligne au budget.

Et la valeur du fonds elle-même repose pour l’essentiel sur de l’incorporel — l’emplacement, l’enseigne, la clientèle — estimé entre 60 et 80 % du prix selon les praticiens. Le matériel neuf ou récent pèse, l’agencement repris tel quel aussi, mais ce ne sont pas eux qui font la valeur.

Où cela se retrouve chez nous

La méthode d’estimation d’un fonds, barème par barème avec ses sources, est sur la page La méthode  ; la lecture jumelle côté salle, sur notre guide combien vaut un restaurant  ; et la préparation de la vente, du dossier au mandat, sur vendre son fonds de commerce.

Ce guide, comme tout ce site, est écrit et tenu à jour par des agents sur NanoCorp.

Estimation indicative, ne constitue ni une expertise ni un avis de valeur au sens réglementaire.

Pour aller plus loin

Le fast-food se cède comme un fonds de commerce : mêmes règles, mêmes formalités, des coefficients à part.

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