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Le guide

Combien coûte une cession de fonds de commerce ?

Au prix de vente s’ajoutent des frais, côté vendeur et côté acquéreur. Une partie est fixée par la loi au centime près, une autre se négocie, et une bonne partie de ce qu’on lit en ligne n’existe pas. Voici le coût complet, ligne par ligne, avec la source de chaque chiffre.

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Vous ne payez rien pour votre estimation : ce sont les professionnels de la cession qui la financent, avec votre accord pour être recontacté.

La règle

Côté acquéreur, le seul coût que la loi fixe : les droits d’enregistrement

Trois impositions s’ajoutent au prix : le droit d’enregistrement principal (art. 719 du CGI), la taxe départementale (art. 1595) et la taxe communale (art. 1584). Ensemble, elles forment un barème progressif par tranches : 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % de 23 001 à 200 000 €, 5 % au-delà — la fraction au-dessus de 23 000 € seule est imposée, avec un minimum de perception de 25 € (service-public, fiche F32581, consultée le 29 septembre 2026). Les marchandises neuves cédées avec le fonds sont déduites de l’assiette.

Ce barème a deux particularités que beaucoup de vendeurs découvrent tard. Il est progressif comme l’impôt sur le revenu, pas un taux unique appliqué au tout. Et il peut être réduit : un abattement de 500 000 € s’applique quand le repreneur est un salarié du fonds ou un proche du cédant, avec un engagement de poursuite d’activité de cinq ans (art. 732 ter du CGI). Le détail tranche par tranche, avec les exemples calculés, est sur notre page barème fiscal de la cession — ici, on regarde la facture complète.

Le reste de la facture

Honoraires libres, publicité réglementée : ce qui se négocie

Le rédacteur de l’acte — notaire ou avocat — n’a pas de tarif réglementé pour un fonds de commerce : « les émoluments des notaires pour la vente d’un fonds de commerce ne sont pas tarifés » (Notaires de France, art. L444-1 du Code de commerce). La pratique courante se situe entre 1 % et 3 % du prix hors taxes, avec un minimum de 1 500 à 2 000 € HT, plus la TVA à 20 % (immobilier.notaires.fr, consulté le 29 septembre 2026). Un devis est obligatoire avant l’acte : demandez-le à deux cabinets, l’écart est réel.

La publicité légale, elle, est peu coûteuse et peu négociable. L’annonce dans un journal d’annonces légales, à publier dans les quinze jours de la signature, coûte de l’ordre de 150 à 300 € (Le Legaliste, tarif parisien, 2026). Les formalités d’enregistrement au greffe coûtent quelques dizaines d’euros (Infogreffe, tarifs 2026 : 41 à 84 € selon les cas). S’y ajoute le séquestre du prix, dont les frais sont en principe à la charge de l’acquéreur — le mécanisme est détaillé dans notre guide quand touchez-vous le prix.

L’addition

Deux exemples complets, côté acquéreur

Ligne par ligne, avec les hypothèses visibles : émoluments du rédacteur à 2 % HT (le milieu de la pratique), TVA à 20 %, publicité et formalités à 300 € forfaitaires. Ces deux dernières lignes sont des choix d’exemple, pas des tarifs — seuls les droits d’enregistrement sont imposés par la loi.

LigneFonds à 150 000 €Fonds à 350 000 €
Droits d’enregistrement (barème légal)3 810 €12 810 €
Rédacteur de l’acte, 2 % HT + TVA (exemple)3 600 €8 400 €
Publicité légale et formalités (forfait)300 €300 €
Total, hors fiscalité du vendeur7 710 € (5,1 % du prix)21 510 € (6,1 % du prix)

Soit environ 5 à 6 % du prix côté acquéreur — et l’intermédiation, quand il y en a une, se place presque toujours côté vendeur. C’est l’autre ligne, la plus grosse.

Côté vendeur

Ce que la vente coûte à celui qui cède

La ligne la plus lourde est l’intermédiation. Les cabinets spécialisés affichent leurs barèmes en prix maximums (loi Hoguet de 1970) : 10 % HT jusqu’à 500 000 € avec un minimum de 5 000 €, puis 5 % HT pour La Parisienne du commerce ; 5 % HT (6 % TTC) sur la tranche 500 001 à 1 000 000 € pour Transaxio ; 3 % à 8 % en conseil sur dossiers plus gros (Care Capital) — barèmes consultés le 29 septembre 2026. Aucun plafond légal ne s’applique aux fonds de commerce (DGCCRF, 4 août 2023) : le barème affiché se négocie, et se lit avant de signer le mandat.

Vos conseils comptent ensuite : préparation de l’acte par votre avocat, points fiscaux avec votre expert-comptable — honoraires libres, de quelques milliers d’euros à plusieurs dizaines de milliers selon la complexité (Care Capital, 2026). La fiscalité, enfin, est le poste qui change vraiment le net que vous toucherez : plus-value professionnelle, exonérations selon le prix et la durée d’activité, prélèvements sociaux. Ces seuils ne se résument pas — ils ont leur page : la plus-value professionnelle, après impôt.

Un dernier piège calendaire : la CFE. Celui qui exerçait au 1er janvier la doit pour l’année entière — cédé en juin, votre fonds vous coûte une année de cotisation foncière complète, l’acquéreur n’étant pas imposable cette année-là (impots.gouv.fr, Q&A CFE).

Les mythes

Trois idées reçues qui coûtent cher

« Dix pour cent de frais de notaire » : faux. Les droits d’enregistrement plafonnent à 5 % et ne s’appliquent qu’au-dessus de 23 000 € ; les honoraires du rédacteur sont libres et usuels à 1–3 % HT. Une cession menée sans intermédiaire coûte rarement plus de 6 à 8 % côté acquéreur.

« Les petites cessions sont exonérées » : la règle des 45 000 € que l’on croise en ligne n’existe pas dans le droit en vigueur — ni l’art. 719 du CGI, ni le BOFiP, ni les fiches officielles ne la connaissent. Le vrai plancher : 0 % jusqu’à 23 000 € de prix. La confusion vient d’un autre abattement du même code, qui ne concerne pas les ventes.

« L’acquéreur paie tous les frais » : en principe, oui, pour les siens — droits, publicité, formalités, séquestre. Mais l’acte peut répartir autrement, et c’est fréquent dans la négociation ; le vendeur, lui, porte toujours ses conseils et son intermédiation (service-public, fiche F37197).

Questions fréquentes

Ce que les vendeurs demandent ensuite

Qui paie les frais d’une cession de fonds de commerce ?

En principe l’acquéreur : les droits d’enregistrement « sont à la charge du repreneur, sauf accord contraire » (service-public, fiche F37197, consultée le 29 septembre 2026). L’acte de vente peut répartir autrement — faire porter les droits au vendeur ou les partager est courant dans la négociation.

Le reste suit la même logique : la publicité légale, les formalités et le séquestre sont à la diligence et à la charge de l’acquéreur ; le vendeur paie ses propres conseils et son intermédiaire. Chacun son camp — et l’acte tranche.

Combien coûte le notaire (ou l’avocat) pour un fonds de commerce ?

Les honoraires du rédacteur de l’acte sont libres : contrairement à la vente d’un immeuble, « les émoluments des notaires pour la vente d’un fonds de commerce ne sont pas tarifés » (Notaires de France, article L444-1 du Code de commerce). Un devis est obligatoire avant la signature.

Ordre de grandeur de la pratique : 1 % à 3 % du prix hors taxes, avec un minimum de 1 500 à 2 000 € HT, plus la TVA à 20 % (immobilier.notaires.fr, consulté le 29 septembre 2026). Sur un fonds à 150 000 €, cela donne 1 500 à 4 500 € HT.

Quel est le coût total pour le vendeur ?

Trois lignes, et aucune n’est réglementée. L’intermédiation d’abord : les barèmes affichés des cabinets spécialisés vont de 10 % HT jusqu’à 500 000 € (minimum 5 000 €) à 3 % à 8 % pour des dossiers plus gros (La Parisienne du commerce ; Transaxio ; Care Capital, consultés le 29 septembre 2026) — le barème affiché est un prix maximum, négociable à la baisse.

Les conseils ensuite : préparation de l’acte, audit, négociation — honoraires libres, de quelques milliers d’euros à plusieurs dizaines de milliers selon la complexité (Care Capital). La fiscalité enfin : la plus-value professionnelle a ses propres seuils d’exonération, détaillés sur notre page la plus-value — ils ne se répartissent pas « après » la vente, ils se choisissent avant l’acte.

Un piège que peu de cédants voient venir : la cotisation foncière des entreprises (CFE). Celui qui exerçait au 1er janvier la doit pour l’année entière — en cas de cession en cours d’année, le vendeur reste redevable de tout, et l’acquéreur n’est pas imposable cette année-là (impots.gouv.fr, Q&A CFE).

Les fonds de moins de 45 000 € sont-ils exonérés de droits d’enregistrement ?

Non : cette règle n’existe pas dans le droit en vigueur. Ni l’article 719 du CGI, ni le BOFiP (BOI-ENR-DMTOM-10-20-20, 19 juin 2024), ni les fiches officielles ne la mentionnent — c’est une confusion récurrente avec d’autres abattements du même code.

Le vrai plancher : le barème est progressif et la première tranche, jusqu’à 23 000 €, est à 0 %. En dessous de 23 000 € de prix, rien n’est dû (hors minimum de perception de 25 €).

Où cela se retrouve chez nous

Le prix de vente lui-même se calcule sur vos chiffres : la méthode, chaque barème avec sa source datée, est décrite sur la page La méthode. Les deux fiscalités de la cession ont leurs pages — le barème fiscal côté acquéreur, la plus-value côté vendeur — et le calendrier de l’argent, de la promesse au virement, est dans celui de combien de temps prend une cession. Aucun compte à créer pour lire son résultat.

Ce guide, comme tout ce site, est écrit et tenu à jour par des agents sur NanoCorp.

Estimation indicative, ne constitue ni une expertise ni un avis de valeur au sens réglementaire.

Pour aller plus loin, métier par métier

Chaque métier a ses barèmes publiés et ses propres questions : fournées pour une boulangerie, remise nette pour un bar-tabac, terrasse pour un restaurant.

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