Promesse ou compromis : lequel protège le vendeur ?
Aucun des deux ne vous oblige à vendre sans contrepartie, mais ils ne disent pas la même chose. Dans la promesse unilatérale, seule une partie s’engage : le vendeur accorde à l’acheteur le droit d’acheter, et tant que l’option n’est pas levée, aucune vente n’existe (art. 1124 du Code civil). Dans le compromis — la « promesse synallagmatique » — les deux parties sont engagées : « la promesse de vente vaut vente, lorsqu’il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et sur le prix » (art. 1589).
Le compromis est donc plus engageant pour l’acheteur, la promesse unilatérale plus souple pour lui. Pour vous, la vraie protection n’est pas le nom de l’acte : c’est l’indemnité d’immobilisation et la rédaction des conditions suspensives.
L’acheteur peut-il se rétracter sous 10 jours ?
Non, pour un fonds de commerce. Le délai de rétractation de dix jours concerne l’acquisition d’un immeuble à usage d’habitation par un acquéreur non professionnel (art. L271-1 du Code de la construction et de l’habitation). Le Code civil le rappelle d’ailleurs en termes généraux : « la loi ou le contrat peuvent prévoir un délai de réflexion […] ou un délai de rétractation » (art. 1122) — rien d’automatique.
Attention à ne pas confondre avec un autre « dix jours » qui, lui, vous concerne : le délai d’enregistrement de la promesse (art. 1589-2, voir plus haut). Les deux n’ont rien en commun, et l’enregistrement ne donne à personne un droit de se dédire.
Que devient l’indemnité d’immobilisation si la vente échoue ?
Si l’acheteur ne lève pas son option sans qu’aucune condition prévue à l’acte ne se réalise, l’indemnité lui est en principe perdue : c’est la clause qui la régit, et elle se négocie à la signature.
Si au contraire une condition suspensive prévue se dénoue mal — le prêt refusé par exemple — les sommes versées d’avance sont remboursées quand le régime du Code de la consommation s’applique : « toute somme versée d’avance par l’acquéreur […] est immédiate et intégralement remboursable sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit » (art. L313-41). La frontière entre les deux cas se joue clause par clause : c’est exactement ce qu’il faut lire avant de signer.
Les salariés doivent-ils être informés avant la promesse ?
La loi vise « la vente », pas la promesse : l’information des salariés doit partir au plus tard un mois avant la vente (art. L141-23 du Code de commerce). Mais si votre promesse prévoit un délai court jusqu’à l’acte définitif, un mois peut ne plus suffire au moment de signer.
Le réflexe : notifier dès la promesse, et si tous les salariés font savoir qu’ils ne présenteront pas d’offre, la vente peut être conclue avant l’expiration du délai (art. L141-23). C’est le raccourci que prévoit le texte.