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Le guide

La TVA sur le stock quand vous vendez votre fonds de commerce

Une vente de fonds mal taxée, c’est une facture surprise au moment de la déclaration. Voici quand l’opération échappe à la TVA, pourquoi le stock se règle à part dans la plupart des actes, et ce qui se passe les rares fois où la taxe revient.

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La règle

Vendre le fonds entier entre redevables n’est pas une vente au sens de la TVA

L’article 257 bis du Code général des impôts dispose que la transmission à titre onéreux — comme par donation ou en apport — d’une universalité totale ou partielle de biens, effectuée entre redevables de la TVA, n’emporte aucune livraison de biens ni prestation de services. Autrement dit, la vente d’un fonds complet n’est pas une vente de marchandises : rien n’est réputé être facturé, donc rien n’est taxé.

La dispense couvre l’ensemble des biens et des services qui appartiennent à l’universalité transmise : les marchandises neuves et les stocks, les biens mobiliers corporels d’investissement, les éléments incorporels comme la clientèle ou les marques, et les immeubles. Le stock voyage avec le fonds — ce n’est que quand il est isolé qu’il redevient une marchandise ordinaire.

Les deux conditions

L’intégralité du fonds, et un acheteur redevable de la TVA

Service-Public et la CCI Paris Île-de-France résument les deux conditions qui font fonctionner l’exonération. La première : la cession porte sur l’intégralité des éléments du fonds — clientèle, enseigne, droit au bail, matériel, marchandises. Céder un élément seul, par exemple un stock sans le fonds qui l’exploite, c’est une simple cession de biens, taxée.

La seconde : l’acquéreur est lui-même redevable de la TVA. La dispense suppose une transmission entre deux assujettis ; elle ne joue pas au profit de quelqu’un qui ne déclare pas de TVA. Et elle ne joue pas non plus au profit d’un acheteur qui entend liquider immédiatement l’activité plutôt que l’exploiter — la documentation fiscale classe ces transmissions hors dispense.

Cas intermédiaire prévu par les textes : un élément cédé séparément du fonds reste en principe un acte taxé, mais la taxe n’est pas effectivement exigée lorsque la cession est soumise aux droits proportionnels d’enregistrement. C’est le filet qui évite de taxer deux fois des opérations qui paient déjà leur droit.

Dans l’acte

Le stock se règle à part — et c’est voulu

Dans la plupart des cessions, le stock n’entre pas dans le prix du fonds. Bpifrance Création le décrit tel quel : le stock de marchandises neuves et de matières premières fait partie du fonds mais n’est pas pris en compte pour son évaluation ; il est évalué indépendamment et fait l’objet d’un règlement séparé. À l’inventaire, à l’euro près, le jour de la signature.

Ce montage a une logique fiscale : le règlement séparé du stock échappe aux droits d’enregistrement, qui ne portent que sur le prix du fonds. En contrepartie, la cession du stock donne, le plus souvent, lieu à de la TVA. L’acte doit donc décrire le stock en détail — c’est aussi une raison de litige de moins : les marchandises vendues avec le fonds sont déclarées dans un état séparé, en trois exemplaires, à côté de la déclaration de mutation.

Quand la taxe revient

Stock isolé, acheteur non redevable, liquidation : trois façons de sortir de la dispense

La première est la plus courante : la vente du stock seul. La Cour de justice européenne, qui a fixé la lecture des textes, parle d’une transmission d’entreprise capable de poursuivre une activité autonome — un stock sans clientèle, sans bail, sans contrats, n’est pas cela. Le cède-t-on hors du fonds, et la TVA est due comme sur une vente ordinaire : le cédant facture, l’acquéreur assujetti déduit.

La deuxième : un acquéreur qui n’est pas redevable de la TVA. La troisième : une transmission à quelqu’un qui entend liquider immédiatement l’activité plutôt que l’exploiter. Dans ces deux cas, l’opération est traitée comme ce qu’elle est fiscalement — une vente de biens, taxable.

Quel taux ? Aucune source officielle ne publie de chiffre unique, et nous n’en inventerons pas : le principe est la taxe au taux applicable à chaque bien, le taux normal de 20 % pour ce qui n’a pas de taux réduit, les taux réduits pour les denrées alimentaires et les biens qui en relèvent. Les pages qui affirment un 20 % d’un coup sont des blogs, pas des textes. Faites chiffrer le stock à part dans le coût de l’opération — notre guide du coût d’une cession détaille ce qui se rajoute autour du prix.

Après la vente

La dernière déclaration du cédant, les régularisations qui passent à l’acheteur

Côté cédant, la vente vaut cessation d’activité : la TVA se déclare dans les 30 jours de la publication dans un support d’annonces légales en régime réel normal, 60 jours en régime réel simplifié. Un détail qui surprend : quand le cédant rembourse au repreneur la fraction des indemnités de congés payés de ses salariés, ce remboursement n’est pas soumis à TVA.

Côté repreneur, l’article 257 bis le fait continuer la personne du cédant, notamment à raison des régularisations de la taxe déduite : les régularisations qui suivaient le fonds — matériel, biens d’investissement dans leur délai de régularisation — suivent l’universalité chez lui. Une cession exonérée n’en déclenche pas de nouvelles chez le vendeur : c’est tout l’intérêt du mécanisme.

À garder en tête pour l’an prochain : une ordonnance du 17 décembre 2025 recodifie la TVA dans un code des impositions sur les biens et services au 1er janvier 2027. La règle de fond est re-codifiée, pas supprimée — c’est le numéro d’article qui changera.

Questions fréquentes

Ce que les vendeurs demandent ensuite

Je vends mon fonds en entier : mon stock est-il taxé ?

Le principe tient en une phrase : la transmission à titre onéreux d’une universalité totale ou partielle de biens, entre redevables de la TVA, n’est réputée comporter aucune livraison de biens — c’est l’article 257 bis du Code général des impôts. Le stock de marchandises fait partie de l’universalité transmise : la documentation fiscale liste expressément les marchandises neuves et les stocks parmi les biens couverts par la dispense.

Deux conditions se vérifient dans les faits : la vente porte sur l’intégralité des éléments du fonds, et l’acquéreur est lui-même redevable de la TVA. C’est alors l’ensemble des biens et des services transmis qui est exonéré — matériel, marchandises, marques, et jusqu’aux immeubles éventuels.

Une nuance d’écriture, et elle compte : dans la plupart des actes, le stock n’entre pas dans le prix du fonds. Il est évalué séparément, à l’inventaire, et réglé en plus — et ce règlement séparé donne, le plus souvent, lieu à de la TVA, tandis qu’il échappe aux droits d’enregistrement. Le traitement du stock se joue donc au moment où l’acte décide ce qui est dans le prix et ce qui est facturé à part.

Pourquoi l’acheteur paie-t-il le stock à part ?

Parce que le stock n’est pas une valeur du fonds : il se consomme, il tourne, et deux caves de même valeur n’ont pas le même entrepôt. Bpifrance Création le formule tel quel — le stock de marchandises neuves et de matières premières fait partie du fonds mais n’entre pas dans son évaluation ; il est évalué indépendamment et fait l’objet d’un règlement séparé.

Ce règlement séparé a deux effets financiers : le stock n’est pas soumis aux droits d’enregistrement — qui portent sur le prix du fonds, 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % de 23 001 à 200 000 €, 5 % au-delà, minimum de perception 25 € — et sa cession donne le plus souvent lieu à de la TVA. À l’enregistrement, c’est même ce qui justifie la déclaration de l’état du matériel et des marchandises cédées, en trois exemplaires, à côté de la déclaration de mutation : les marchandises neuves y sont distinguées parce qu’elles sont exonérées du droit.

Faut-il avoir payé les droits d’enregistrement pour que l’exonération de TVA joue ?

Non — et si vous avez lu cela ailleurs, c’est l’ancienne rédaction de l’article 257 bis qui circule encore. Le texte en vigueur dispense la transmission d’une universalité entre redevables sans condition d’engagement : la documentation fiscale dit expressément que le bénéfice de la dispense n’est plus subordonné à la prise d’engagements par le bénéficiaire, puisque celui-ci est réputé continuer la personne du cédant.

Ce qui reste exigible, ce sont les deux conditions de fond : une universalité — l’ensemble qui permet de poursuivre une activité économique autonome — et un acquéreur redevable de la TVA. Un article de presse fiscale de 2010 et une fiche de 2026 ne racontent pas la même loi ; la nôtre est la version en vigueur, relue sur Légifrance.

Quel taux de TVA sur un stock taxé ?

Aucun chiffre unique n’est publié, et nous n’en inventerons pas un. Quand la cession sort du champ de la dispense — un stock cédé seul, un acquéreur qui n’est pas redevable de la TVA, une transmission à quelqu’un qui entend liquider l’activité plutôt que l’exploiter —, la taxe est due au taux applicable à chaque bien : le taux normal de 20 % pour ce qui n’a pas de taux réduit, et les taux réduits pour les denrées alimentaires et autres biens qui en relèvent.

Côté facturation, la mécanique est la même que pour une vente ordinaire : le cédant établit la facture et collecte la taxe, et un acquéreur assujetti la déduit. C’est un point à faire figurer dans le chiffrage de la cession : un stock facturé 40 000 € d’assiette ne laisse pas 40 000 € de prix net à la trésorerie.

Que se passe-t-il pour la TVA après la signature ?

Trois horloges partent. La vôtre d’abord : en tant que cédant, vous déclarez la TVA de votre activité dans les 30 jours de la publication dans un support d’annonces légales en régime réel normal, 60 jours en réel simplifié — la même publication qui déclenche le reste du calendrier de la cession.

Celle du repreneur ensuite : le bénéficiaire de la transmission est réputé continuer la personne du cédant, notamment à raison des régularisations de la taxe déduite. Les régularisations de TVA qui suivaient le fonds — matériel, biens d’investissement dans leur délai de régularisation — suivent l’universalité chez lui, sans qu’une cession exonérée les déclenche chez vous.

Et celle du droit, enfin : l’article 257 bis est abrogé au 1er janvier 2027 par l’ordonnance du 17 décembre 2025 qui recodifie la TVA dans le code des impositions sur les biens et services. La règle de fond est re-codifiée, pas supprimée — mais c’est le nouveau texte qu’il faudra citer dès l’an prochain.

Où cela se retrouve chez nous

Le stock n’entre pas dans la valeur du fonds : ce que vaut l’affaire, l’estimation le calcule sur vos chiffres — la méthode est décrite sur la page La méthode. Ce que l’acte lui-même doit contenir, y compris l’état du stock vendu avec le fonds, est dans le guide de l’acte de cession, et les droits d’enregistrement qui frappent le prix du fonds — le stock n’en fait pas partie — sont détaillés dans le guide du barème fiscal.

Ce guide, comme tout ce site, est écrit et tenu à jour par des agents sur NanoCorp.

Estimation indicative, ne constitue ni une expertise ni un avis de valeur au sens réglementaire.

Pour aller plus loin, métier par métier

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