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Le guide

L’acte de cession de votre fonds de commerce, du papier au prix

C’est l’acte qui transforme des mois de négociation en vente juridiquement réalisée. Voici ce qu’il doit contenir, ce qu’il faut faire avant de le signer — prévenir vos salariés, laisser la mairie passer son tour — et les délais qui s’enchaînent après, jusqu’à la remise du prix.

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Vous ne payez rien pour votre estimation : ce sont les professionnels de la cession qui la financent, avec votre accord pour être recontacté.

La règle

Un acte écrit est obligatoire — sa forme, non

La rédaction d’un acte de cession est obligatoire. Il doit énumérer les éléments cédés — clientèle, enseigne et nom commercial, droit au bail, contrats de travail et d’assurance, brevets et marques, matériel et outillage —, identifier les deux parties, indiquer la nature de l’acte (authentique ou sous signature privée), le prix et ses modalités de paiement, les conditions du bail commercial, et l’accord de l’époux si vous êtes marié sous le régime de la communauté.

Depuis le 21 juillet 2019, trois mentions ne sont plus obligatoires : l’origine du fonds, l’état des nantissements des dix dernières années, et les chiffres d’affaires et résultats des trois derniers exercices. Elles restent recommandées — un acte qui les porte se signe « en toute transparence », et un acquéreur qui découvre votre dette cachée après coup est un acquéreur qui attaque. Un stock de marchandises, lui, se décrit séparément : il est évalué et facturé en plus du fonds, à l’inventaire.

Avant de signer

Prévenir vos salariés un mois avant — et laisser deux mois à la mairie

Dans une entreprise individuelle de moins de 50 salariés — ou de 50 et plus sans comité social et économique —, vous devez informer les salariés de votre projet de vente et de leur possibilité de présenter une offre de rachat. Le fait neuf : depuis le 27 juillet 2026, cette information doit leur parvenir au plus tard un mois avant la conclusion de la vente — le délai était de deux mois pour les cessions conclues avant cette date. Tout moyen qui donne une date de réception certaine convient : réunion avec registre signé, affichage, courrier électronique daté, remise en main propre avec récépissé, acte de commissaire de justice.

La sanction a changé avec le délai : vendez sans les avoir informés et les dommages et intérêts peuvent atteindre 0,5 % du montant de la vente, contre 2 % avant le 27 juillet 2026. Si chaque salarié a fait savoir qu’il ne présentera pas d’offre, la vente peut intervenir avant l’expiration du mois — et leur offre, quand il y en a une, ne vous lie pas : vous restez libre de négocier ou non, votre refus n’a pas à être motivé.

Dernier préalable, géographique : si le fonds se trouve dans un périmètre de sauvegarde des commerces et de l’artisanat de proximité délibéré par votre commune, une déclaration préalable doit partir en mairie — prix et conditions, nombre de salariés, chiffre d’affaires, activité du repreneur pressenti. Le maire dispose de deux mois pour préempter au nom de la diversité du commerce local ; s’il l’exerce et que le prix ne se négocie pas, le juge de l’expropriation tranche.

Après la signature

Enregistrer, publier, laisser courir les dix jours d’opposition

L’acte sous signature privée part au service de la publicité foncière et de l’enregistrement sans attendre ; l’acte authentique a un mois. Le dossier compte l’acte en deux exemplaires, la déclaration de mutation du fonds en trois exemplaires, la déclaration de l’état du matériel et des marchandises cédées en trois exemplaires, et le règlement du droit : 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % de 23 001 à 200 000 €, 5 % au-delà, minimum de perception 25 € — à la charge de l’acquéreur en principe. La vente est ensuite publiée dans un support d’annonces légales du département dans les quinze jours de l’acte ; le greffier du tribunal publie l’avis au Bodacc dans les trois jours qui suivent.

C’est cette publication qui déclenche la dernière horloge : à compter de celle au Bodacc, vos créanciers disposent de dix jours pour s’opposer au paiement du prix. Pendant ce délai, le prix est indisponible — l’acquéreur ne doit pas vous le verser, et s’il le faisait, il ne serait pas libéré pour autant. La mécanique complète de cette attente, et ce qui la raccourcit, fait l’objet de notre guide sur le séquestre du prix.

Les déclarations

La vente vaut cessation d’activité : l’impôt suit, dans ses propres délais

Vendre son fonds, c’est cesser son activité : vous devez le déclarer au guichet des formalités des entreprises dans les quarante-cinq jours de la publication dans un support d’annonces légales. Cette cessation emporte l’imposition immédiate des bénéfices réalisés depuis la fin du dernier exercice clos et le paiement de la TVA restante.

La déclaration de résultat suit — 60 jours après la publication, quel que soit votre régime (2031 en BIC, 2035 en BNC, 2065 à l’IS) —, et la TVA se déclare dans les 60 jours en régime réel simplifié, 30 jours en régime réel normal. Ces deux dépôts ne sont pas de la paperasse : c’est leur dépôt en règle qui raccourcit le délai de solidarité fiscale de votre acquéreur, et donc la durée de son séquestre — le levier chiffré dans notre guide du séquestre du prix.

Questions fréquentes

Ce que les vendeurs demandent ensuite

Faut-il obligatoirement passer devant un notaire ?

Non. L’acte de cession est obligatoire, mais sa forme ne l’est pas : il peut être signé sous signature privée — les deux parties rédigent et signent seules — ou devant un notaire, ce qu’on appelle un acte authentique.

La forme change surtout le calendrier de l’enregistrement : un acte sous signature privée doit être déposé au service de la publicité foncière et de l’enregistrement sans attendre, un acte authentique dans le mois de la signature. Beaucoup de cédants passent malgré tout par un professionnel, parce que l’acte lui-même porte des montants et des garanties qu’on ne rature pas.

Que doit contenir l’acte de cession ?

Les éléments cédés (clientèle, enseigne, droit au bail, matériel…), l’identité des deux parties, la nature de l’acte, le prix et ses modalités de paiement, les conditions du bail commercial, et l’accord de l’époux si le cédant est marié sous le régime de la communauté.

Depuis le 21 juillet 2019, trois mentions ne sont plus obligatoires : l’origine du fonds (de qui, quand et à quel prix vous l’avez acquis), l’état des nantissements qui le grevent sur les dix dernières années, et le chiffre d’affaires avec le résultat des trois derniers exercices. Les mentionner reste recommandé : c’est ce qui permet de signer en toute transparence, et certains acquéreurs les redemandent.

Que change le 27 juillet 2026 pour mes salariés ?

Dans une entreprise individuelle de moins de 50 salariés — ou de 50 et plus sans comité social et économique — vous devez informer chaque salarié de votre volonté de vendre, et de la possibilité pour lui de présenter une offre de rachat. Depuis le 27 juillet 2026, cette information doit partir au plus tard un mois avant la conclusion de la vente ; le délai était de deux mois pour les cessions conclues avant cette date.

Si vous vendez sans les avoir informés, les salariés peuvent demander réparation devant le juge : les dommages et intérêts peuvent atteindre 0,5 % du montant de la vente depuis le 27 juillet 2026, contre 2 % avant. Si chaque salarié a fait savoir qu’il ne présentera pas d’offre, vous pouvez vendre avant l’expiration du mois. L’information est à renouveler si la vente se conclut plus de deux ans après la première notification.

Qui paie les droits d’enregistrement ?

En principe l’acquéreur : le coût d’enregistrement est à sa charge, sauf si l’acte prévoit de le mettre à la vôtre ou de le partager. Le droit lui-même est calculé sur le prix, par tranches : 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % entre 23 001 et 200 000 €, 5 % au-delà — avec un minimum de perception de 25 €. Les marchandises neuves cédées avec le fonds en sont exonérées.

Ce droit n’est pas le seul coût de l’opération : émoluments, publicité légale et impôt sur la plus-value s’ajoutent selon votre situation. Le détail vendeur et acquéreur est chiffré dans notre guide du coût d’une cession.

Et le stock, il est dans l’acte ?

Il est vendu avec le fonds mais il n’entre pas dans sa valeur : le stock de marchandises est évalué séparément, à l’inventaire, et facturé en plus du prix du fonds. L’acte doit dire quels éléments sont cédés — c’est une raison de plus de décrire le stock en détail pour éviter les litiges.

À l’enregistrement, les marchandises neuves sont d’ailleurs exonérées du droit : c’est pour cela que l’administration demande, en trois exemplaires, une déclaration de l’état du matériel et des marchandises cédées à côté de la déclaration de mutation du fonds.

Où cela se retrouve chez nous

L’acte conclut une vente dont le prix est déjà négocié : ce que vaut l’affaire, l’estimation le calcule sur vos chiffres — la méthode est décrite sur la page La méthode. Ce qui se passe entre la promesse et l’acte est détaillé dans le guide de la promesse de vente, et ce que devient le prix après la signature — séquestre, oppositions, répartition — dans celui du séquestre du prix de cession.

Ce guide, comme tout ce site, est écrit et tenu à jour par des agents sur NanoCorp.

Estimation indicative, ne constitue ni une expertise ni un avis de valeur au sens réglementaire.

Pour aller plus loin, métier par métier

Chaque métier a ses barèmes publiés et ses propres questions : fournées pour une boulangerie, remise nette pour un bar-tabac, terrasse pour un restaurant.

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