Peut-on mettre son fonds en location-gérance sans l’avoir exploité deux ans ?
Oui, depuis le 21 juillet 2019. L’article L144-3 du code de commerce, qui imposait deux années d’exploitation préalable, a été abrogé par la loi du 19 juillet 2019 : un professionnel peut donner son fonds en location-gérance quelle que soit la durée pendant laquelle il l’a exploité. Beaucoup de pages en ligne impriment encore la condition des deux ans — vérifiez la date de ce que vous lisez sur ce sujet.
Le locataire-gérant a-t-il un droit de préférence quand je vends le fonds ?
Non, pas par la loi. Le chapitre du code de commerce consacré à la location-gérance ne prévoit aucun droit de préférence pour le locataire-gérant : il ne devient prioritaire que si le contrat le prévoit — un pacte de préférence, une promesse de vente inscrite dans le contrat de gérance. Si une telle clause existe, s’y soustraire en vendant directement à un tiers expose à des dommages-intérêts. Sans clause, le fonds se vend à qui le propriétaire veut : la cession au locataire-gérant est une cession de droit commun, qui suit les mêmes étapes qu’une cession ordinaire.
Le locataire-gérant qui a fait monter la valeur du fonds est-il indemnisé ?
Non. À la fin du contrat, le gérant restitue le fonds et repart sans indemnité pour l’augmentation de valeur à laquelle il a contribué — c’est écrit noir sur blanc dans la fiche officielle. La seule exception vise le loueur qui est aussi propriétaire des murs : le gérant peut alors prétendre à une indemnité pour la plus-value des améliorations matérielles faites avec son accord. Pour le reste, c’est le contrat qui organise la sortie — ou l’entrée du gérant acheteur, si la vente se négocie avec lui.
Combien se loue un fonds de commerce ?
Aucun barème n’est publié officiellement : la redevance se fixe librement, fixe, variable — proportionnelle au chiffre d’affaires ou au bénéfice — ou mixte, versée le plus souvent tous les mois ou tous les trimestres. Les contrats durent le plus souvent un an, renouvelables par tacite reconduction, avec un préavis de résiliation de l’ordre de trois mois. Un point mérite de la rigueur : si le contrat prévoit une promesse de vente au gérant et que la redevance vient s’imputer sur le prix, l’administration fiscale peut requalifier le montage en cession déguisée.
La location-gérance change-t-elle la fiscalité de la vente ultérieure ?
Le montage lui-même n’en est pas une : la mise en location-gérance ne constitue ni une cession ni une cessation d’entreprise, donc pas d’imposition immédiate des plus-values au moment du passage en gérance. Le jour de la vente, l’exonération ordinaire des plus-values professionnelles par les recettes suppose une activité exercée à titre professionnel — ce qu’une location-gérance ne fait plus. Il reste une voie spéciale pour le départ à la retraite : activité exercée depuis au moins cinq ans au moment de la mise en location, et cession au locataire-gérant ou dans le respect du contrat. La date à partir de laquelle se calcule la plus-value après des années de gérance n’est, elle, tranchée par aucune source officielle que nous ayons pu relire : c’est un point à faire traiter par un professionnel, chiffres en main.