Le pas-de-porte fait-il partie du prix d’un fonds de commerce ?
Non. Dans une vente de fonds, le prix couvre l’ensemble : clientèle, enseigne, matériel, contrats — et le droit au bail, qui y entre comme élément de valeur. Le pas-de-porte, lui, n’est pas dans le fonds : c’est une somme versée au bailleur, à la conclusion du bail ou à son renouvellement, et il n’est pas remboursé à la fin.
Ce qui peut se payer en plus, c’est un pas-de-porte que votre bail prévoit lors de la cession : certaines clauses font porter au repreneur un droit d’entrée au profit du bailleur. Relisez le bail avant de chiffrer l’opération complète.
Pourquoi parle-t-on de « cession de pas de porte » pour vendre un bail ?
Par habitude de langue, et elle prête à confusion. L’administration y emploie elle-même l’expression : quand le contrat autorise la cession du seul droit au bail, « on parle de cession de “pas de porte” ». Ce qui se vend alors, c’est le droit au bail du locataire sortant — jamais le pas-de-porte, qui n’a jamais été un actif : c’est un droit d’entrée versé au bailleur, non restituable.
Le droit fiscal tranche dans le même sens : toute cession d’un droit à un bail est soumise à enregistrement « qu’elle soit qualifiée cession de pas de porte, indemnité de départ ou autrement » (art. 725 du CGI). Le nom porté sur l’acte ne fixe pas le régime.
Le pas-de-porte versé est-il déductible ?
Tout dépend de sa qualification, et elle se décide à l’entrée. En supplément de loyer — le cas le plus fréquent, quand le loyer est nettement en deçà de la valeur locative — il se déduit des résultats, réparti par neuvième chaque année sur la durée du bail.
En indemnité d’occupation, il s’inscrit à l’actif du bilan comme élément incorporel : ce n’est pas une charge déductible, et son amortissement ne l’est pas non plus. La distinction est une question de fait : clauses du bail, montant des sommes, niveau normal des loyers du local, avantages obtenus du bailleur. Un versement unique et forfaitaire tend vers l’indemnité, un versement échelonné vers le supplément de loyer.
Le bailleur est-il imposé sur le pas-de-porte qu’il perçoit ?
En principe, oui : l’administration considère que ces sommes présentent pour lui le caractère d’un supplément de loyer, imposable à ses revenus — fonciers, industriels et commerciaux ou sociétés selon sa situation — et soumis à la TVA s’il est assujetti. Le Conseil d’État l’a confirmé à plusieurs reprises, même quand la location fait naître au preneur un droit au bail.
Ce n’est que dans la qualification « indemnité » — une contrepartie forfaitaire d’occupation — qu’aucune imposition ne frappe la somme, ni TVA. Là encore, c’est la réalité de l’opération qui décide, pas l’intitulé de la clause.
Combien vaut un pas-de-porte ?
Aucun barème réglementaire n’existe : le montant est librement fixé par les parties. L’ordre de grandeur officiel est indicatif — il « correspond généralement à 3 ou 6 mois de loyers » selon la fiche service-public.
Nous ne chiffrons pas le pas-de-porte dans nos estimations, et nous le disons tel quel : notre fourchette porte sur un fonds de commerce complet. Ce que le bail coûte ou rapporte pèse dans la valeur du fonds entier — c’est le sujet de notre guide du bail commercial et la valeur du fonds.