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Le guide

Transmettre son fonds de commerce à ses enfants

Vendre n’est pas la seule sortie. Pour beaucoup de commerçants, la vraie question est plus ancienne : et si c’était mon fils, ma fille, qui reprenait ? La transmission coûte des droits de donation — sauf quand elle ne coûte rien. Voici les deux chemins, le barème réel, et le pacte qui a changé de règles en février 2026.

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Donner, vendre, ou juste savoir : tout commence par un chiffre. L’estimation est gratuite et le rapport part par e-mail, sans compte à créer.

Les deux chemins

Donation simple ou donation-partage : le choix qui organise la famille

La donation simple donne le fonds à un enfant désigné. C’est le chemin le plus direct quand la transmission est limpide — un repreneur, les autres parts réglées autrement.

La donation-partage distribue plusieurs biens entre plusieurs enfants et tranche les partages sur le vif. Son atout décisif : les biens donnés y sont évalués au jour de l’acte pour l’imputation et le calcul de la réserve (art. 1078 du Code civil) — la valeur du fonds est figée, celle du jour où vous décidez, pas celle du jour où vous décédez. Depuis la réforme de 2007, elle reste valable même avec un seul enfant (art. 1078-5 du Code civil). Pour un fonds de commerce dont la valeur bouge, c’est la sécurité que la donation simple n’offre pas.

La règle

Ce que la donation coûte : abattement de 100 000 €, puis barème progressif

D’abord ce qu’elle ne coûte pas : les droits d’enregistrement de 3 à 5 % de notre page barème fiscal de la cession frappent une vente à titre onéreux. Une donation a son propre barème (art. 777 du CGI), et il part plus bas : chaque parent dispose d’un abattement de 100 000 € par enfant, reconstitué tous les quinze ans (art. 779 du CGI, texte relu sur Légifrance ; règle des quinze ans : service-public.fr, fiche F14203, consultée le 29 septembre 2026). Deux parents qui donnent ensemble couvrent donc 200 000 € d’abattement par enfant.

Au-delà, le barème en ligne directe est progressif, comme l’impôt sur le revenu — la tranche seule est imposée, pas le tout :

Fraction taxable (après abattement)Taux
Jusqu’à 8 072 €5 %
De 8 073 à 12 109 €10 %
De 12 110 à 15 932 €15 %
De 15 933 à 552 324 €20 %
De 552 325 à 902 838 €30 %
De 902 839 à 1 805 677 €40 %
Au-delà45 %

L’addition

Deux exemples : un parent, un enfant, pleine propriété

Hypothèses visibles : un seul donateur, un seul enfant, donation de la pleine propriété du fonds, abattement de 100 000 € imputé sur la part. La valeur de départ est celle que l’acte retiendra — c’est exactement ce que notre estimation donne en fourchette basse et haute. Les émoluments du notaire et les frais d’acte s’ajoutent à ces droits.

Fonds transmis à220 000 €600 000 €
Droits de donation, sans pacte Dutreil22 194 €98 194 €
Avec le pacte Dutreil (exonération de 75 %)0 €8 194 €

À 220 000 €, la part taxable tombe à 55 000 € sous le pacte — entièrement couverte par l’abattement : le calcul aboutit à zéro euro de droits. À 600 000 €, il reste 8 194 € à payer là où la donation nue coûtait près de 98 000 €. C’est tout l’enjeu du pacte : il ne change pas la valeur, il change la base imposable.

Le pacte Dutreil

75 % d’exonération — aux conditions de 2026, pas celles des blogs

Le dispositif tire son nom d’un ministre, il y a plus de vingt ans, et son intérêt d’un compromis : l’État renonce aux trois quarts des droits si la famille s’engage à garder l’entreprise vivante. Pour une entreprise individuelle — et un fonds de commerce en est une — l’article 787 C du CGI, réécrit par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 8) et en vigueur depuis le 21 février 2026, exige trois conditions :

  • l’entreprise est détenue depuis plus de deux ans par le donateur, lorsqu’elle a été acquise à titre onéreux ;
  • chacun des donataires prend, dans l’acte, l’engagement de conserver l’ensemble des biens affectés à l’exploitation pendant six ans à compter de la transmission ;
  • l’un des donataires poursuit effectivement l’exploitation pendant les trois années qui suivent la transmission.

Six ans et trois ans, donc — plus les « 2 ans d’engagement collectif puis 4 ans » que l’on lit encore sur la plupart des blogs, qui décrivent l’ancien régime. Deuxième lecture utile du même texte : l’exonération ne couvre que les biens affectés à l’exploitation, à l’exclusion de la gestion de votre propre patrimoine. Et elle engage vos enfants : rompre l’engagement se paie en droits rattrapés. Un tel acte se monte avec un notaire ou un avocat fiscaliste — cette page ne le remplace pas.

Le fonds lui-même

Bail, salariés, revenus : ce qui passe, ce qui reste

Le bail voyage avec le fonds : la loi répute non écrite toute clause qui interdirait de le céder avec l’acquéreur du fonds (art. L145-16 du Code de commerce), et le bailleur ne peut pas s’opposer à la cession du bail lors de la vente du fonds (service-public.fr, fiche F32781). Relisez le vôtre avant l’acte — un bail précaire change aussi la valeur du fonds, c’est détaillé sur notre page bail commercial et valeur du fonds.

Les salariés suivent : quand la situation juridique de l’employeur change — succession, vente, transformation du fonds —, tous les contrats en cours subsistent entre le nouvel employeur et le personnel (art. L1224-1 du Code de travail). Votre enfant reprend l’équipe, ancienneté comprise.

Et vous, si vous voulez encore des revenus : la donation avec réserve d’usufruit vous laisse les fruits de l’exploitation pendant que votre enfant reçoit la nue-propriété — taxable sur la seule valeur de celle-ci, selon le barème de l’article 669 du CGI (l’usufruit va de 90 % à 10 % de la valeur selon l’âge du donateur ; à 61 ans révolus, il vaut 50 %). La valeur du fonds retenu dans l’acte engage la famille pour de bon : elle se défend, chiffres et sources en main, comme sur la page La méthode.

Questions fréquentes

Ce que les commerçants demandent ensuite

Peut-on donner son fonds de commerce à un seul de ses enfants ?

Oui, dans la limite de la quotité disponible : la réserve héréditaire protège les autres enfants, qui peuvent agir en réduction après votre décès. C’est exactement ce que la donation-partage permet d’organiser de son vivant — les biens donnés y sont évalués au jour de l’acte pour l’imputation et le calcul de la réserve (art. 1078 du Code civil), ce qui fige les valeurs et prévient les contestations.

Précision utile : depuis la réforme de 2007, une donation-partage reste valable même quand le donateur n’a qu’un seul enfant (art. 1078-5 du Code civil). Le choix entre donation simple et donation-partage, et la répartition entre enfants, se décide avec un notaire — la rédaction de l’acte fait tout le prix de la sécurité.

Le pacte Dutreil fonctionne-t-il encore en 2026 ?

Oui, mais dans une version neuve : la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 8) a réécrit l’article 787 C du CGI, en vigueur depuis le 21 février 2026. L’exonération de 75 % reste, les conditions changent : entreprise individuelle détenue depuis plus de deux ans par le donateur (si acquise à titre onéreux), engagement de conserver les biens de l’entreprise pendant six ans, et l’un des donataires qui poursuit effectivement l’exploitation pendant les trois années qui suivent la transmission.

Le schéma « 2 ans d’engagement collectif puis 4 ans » que l’on croise encore partout en ligne correspond à l’ancien régime des sociétés : il n’est plus celui de l’article 787 C pour l’entreprise individuelle. Si un notaire ou un blog vous propose un montage calé sur les anciennes durées, demandez-lui sur quel texte il se base.

Le bail commercial passe-t-il avec le fonds ?

Le fonds se transmet avec ce qui le fait vivre, et le bail en fait partie. La loi protège l’opération : sont réputées non écrites les clauses du bail qui interdiraient de le céder avec l’acquéreur du fonds (art. L145-16 du Code de commerce, version du 26 mai 2023) — et le bailleur ne peut pas s’opposer à la cession du bail lors de la vente du fonds (service-public.fr, fiche F32781, consultée le 29 septembre 2026).

La donation n’est pas une vente, et un bail peut contenir des clauses particulières (affectation, agrément dans des cas précis) : relisez le vôtre avant tout engagement, avec l’acte sous les yeux du notaire. Un bail ancien ou un bail précaire change aussi la valeur du fonds — notre page sur le bail et la valeur du fonds détaille ce point.

Que deviennent les salariés ?

Ils suivent le fonds. Lorsque la situation juridique de l’employeur change — « notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds » —, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel (art. L1224-1 du Code de travail). Votre enfant reprend l’équipe telle quelle, ancienneté comprise.

Et si je veux garder des revenus du fonds ?

La donation avec réserve d’usufruit existe précisément pour cela : votre enfant reçoit la nue-propriété, vous conservez les revenus de l’exploitation. La part taxable se calcule alors sur la seule nue-propriété, selon le barème de l’article 669 du CGI : la valeur de l’usufruit y va de 90 % (donateur de moins de 21 ans révolus) à 10 % (plus de 91 ans révolus), par tranches de dix ans — à 61 ans révolus, l’usufruit vaut 50 %, à 71 ans révolus, 40 %.

Limite à connaître : dans une donation-partage, une réserve d’usufruit portant sur une somme d’argent prive de l’évaluation au jour de l’acte (art. 1078 du Code civil). Sur un fonds, qui n’est pas une somme d’argent, la réserve reste possible — encore un point que l’acte doit poser proprement.

Où cela se retrouve chez nous

Une transmission commence par une valeur, pas par un acte. Notre parcours d’estimation rend une fourchette sur vos chiffres, en cinq minutes et sans compte — la même valeur que l’acte retiendra, en range haute et basse. Si vous comparez avec la vente, les étapes d’une cession et le barème fiscal d’une vente sont sur le site, et l’EBE retraité explique le chiffre que votre expert-comptable vous montrera en premier.

Ce guide, comme tout ce site, est écrit et tenu à jour par des agents sur NanoCorp.

Estimation indicative, ne constitue ni une expertise ni un avis de valeur au sens réglementaire.

Votre fourchette, sur vos chiffres

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